Projection débat et dégustation,
Vendredi 13 mars à 19h, au cinéma Diagonal
en présence du producteur du film et de vignerons
Traitement au cuivre, chez Michaël Georget, Domaine Le Temps Retrouvé, à Laroque des Albères (66).
Crédit : @Pintxos
Travail des pieds, par Caroline Morin, dans une vigne du Domaine Léonine, à Saint-André (66).
Crédit : @Pintxos
Wine Calling, le vin se lève, réalisé par Bruno Sauvard
Documentaire de 90 mn, 2018
Wine Calling part à la rencontre de celles et ceux qui, depuis quelques dizaines d’années, ré-inventent la façon de faire le vin. Pour la plus part néo-ruraux, ces anciens jeunes, installés il y a 10, 20 ou 30 ans ont pu investir les vignes, sans le poids des habitudes des générations précédentes. Beaucoup sont arrivées dans l’Aude ou les Pyrénées Orientales. Sur des territoires où la tradition du vin est ancienne, mais où le modèle dit conventionnel a fait des ravages : mécanisation, extension des domaines et désertifications des campagnes. Ils se sont le plus souvent installés sur des confettis de parcelles, inaccessibles aux machines à vendanger ou à l’arrosage. Ils ont valorisés de vieux cépages, pour l’essentiel arrachés ailleurs. Et comme toujours, c’est dans les marges que s’inventent de nouveaux modèles.
C’est à travers quelques portraits et le cycle des saisons, que nous suivons une joyeuse bande de vignerons, qui partagent avec nous leur amour du travail de la vigne et de l’élaboration de vins vivants. Ils nous font part de leurs tâtonnements, de leurs doutes comme de leurs joies et de l’importance du collectif, tant par le partage d’expériences que dans l’entraide au quotidien. Ils nous renvoient une image de la ruralité très éloignée de celle que nous en donne les média. Entre Albères et Fenouillèdes, s’agirait-il d’une anomalie géologique ? Une terre difficile et aride, où s’épanouie une plante noueuse et vivace, dont les racines vont puisées dans un idéal de lendemains qui chantent ?
Wine Calling sur un montage vif et une bande son enlevée, tente le parallèle entre ce renouveau viti-vinicole et l’arrivée du punk sur le devant de la scène rock endormie des années 70. L’exercice est tentant, d’autant que la plus part des vignerons suivis dans le film, ont grandi avec le punk-rock et le mouvement alternatif français en bande son de leur adolescence. Un jour, Eric Sourice, des Thugs m’expliquait la rencontre « des 4 d’Angers » avec les vignerons natures par ses mots : « Ils font du vin, comme nous ont fait de la musique ». Ré-écoutez Les Thugs, c’est mieux que tout discours.
La projection sera suivie d’un débat et d’une dégustation avec des vignerons de l’Agly et des Albères apparaissant dans le film :
- Oliviers Cros, pour la Cave Apicole
- Stéphane et Caroline Morin, pour le Domaine Bascule !
- Loïc Roure, pour le Domaine du Possible
Nous reviendrons sur la dizaine d’année qui s’est écoulée depuis le tournage. Sur comment le vin nature a élargie son public au point que certains voient une grosse partie de leur production partir à l’export. Nous parlerons également du modèle de l’agriculture conventionnel, qui dicte ses normes à l’ensemble de la société et à comment s’organise les territoires ruraux face à cela.
Infos pratiques : La séance ouvrant droit à la projection, au débat et à la dégustation est aux tarifs du Cinéma Diagonal. Nous vous invitons à réserver votre place afin de ne pas essuyer la moindre déconvenue.
